JEAN-PAUL POLETTI et le CHŒUR d'HOMMES de SARTÈNE
   
 Poletti
Dès son plus jeune âge, Jean-Paul Poletti révèle sa vocation poétique et à dix ans, il écrit déjà des ritournelles qu'il chante en s'accompagnant à la guitare.
Deux maîtres l'initient ensuite à la composition musicale et le persuadent de partir en Italie pour se perfectionner. Jusqu'en 1970, il sera l'élève assidu des classes de contrepoint, d'harmonie et de direction chorale de la Schola Cantorum de Florence et de celle de Sienne.

De retour en Corse, Jean-Paul Poletti se mobilise contre la situation d'acculturation de la Corse et contre la perte d'identité créatrice de son île natale. S'attachant à ressusciter le très riche patrimoine polyphonique et musical de la Corse, Jean-Paul Poletti est d'abord la figure emblématique du fameux groupe "Cantu Il Populu Corsu", dont il devient l'un des principaux compositeurs et chanteurs.

Après cette expérience qui dure de 1974 à 1981, il fonde à Sartène, «la plus corse des villes corses» selon Prosper Mérimée, une école de chant qui deviendra Centre d'Art Polyphonique, afin de préserver le patrimoine musical et de l'ouvrir à tous les genres musicaux.

En 1995, il crée le Chœur d'Hommes de Sartène, formation avec laquelle, le rêve d'inscrire la polyphonie méditerranéenne dans l'histoire de la musique classique n'est plus une utopie.

De la Cité de la Musique à l'Opéra de la Fenice de Venise, de la Cathédrale d'Autun au Printemps de Bourges, Jean-Paul Poletti consacre sa vie à l'art polyphonique, fleuron de la tradition orale spirituelle et profane.

Sartene
Avec le Chœur d'Hommes de Sartène, il réalise de grandes tournées de concerts en France et à l'étranger. Lors de ces concerts, il présente les polyphonies sacrées et notamment les magnifiques compositions des pères franciscains du Couvent Saint-Côme et Damien de Sartène. Il réalise également des concerts au cours desquels il présente, à côté du répertoire religieux, une sélection de chants traditionnels profanes de Corse, un répertoire dont les beautés ne peuvent laisser indifférent.

Jean-Paul Poletti a également une activité de compositeur.

Après la "Messa Sulenna", il vient d'écrire un oratorio «Corsica Cristiana 2000».
Cette œuvre, commande de la Région Corse, est une vaste composition sacrée de Jean-Paul Poletti, incluant également des pièces avec orchestration.

Jean-Paul Poletti et le Chœur d'Hommes de Sartène viennent de participer à la musique du film d'Antoine de Caunes "Monsieur N."

Le Chœur d'Hommes de Sartène puise ses racines dans une histoire millénaire, enrichie depuis le XIVe siècle par la présence franciscaine. C'est après le passage de l'ordre de Saint-François d'Assise en Corse, qu'une communauté de frères franciscains s'est installée à Sartène et y est demeurée, sans interruption jusqu'à maintenant, à travers deux couvents, l'ancien couvent Saint-François près de la place Porta, et le nouveau couvent Saint-Damien.

La population sartenaise ressent un profond attachement pour ses franciscains. Elle n'hésita pas à prendre les armes pour défendre au début du siècle la présence de la communauté, menacée lors de la séparation de l'Église et de l'État. On y vit la population y affronter la troupe qui voulait expulser les moines. Juste retour des choses, cette même communauté franciscaine hébergea à la fin des années cinquante le dernier bandit corse (Muzzarettu), le soustrayant à la loi tout en lui offrant le repos de l'âme puisquíil rendit son dernier souffle dans l'enceinte du couvent.

Juqu'au XXe siècle, tous les membres de la communauté étaient issus de l'île. Mais l'absence de vocations a entraîné leur remplacement par des moines italiens, et, aujourd'hui, belges.
La marque franciscaine résonne dans le chant sartenais. On dirait que deux cultures se sont fondées en une seule. Les recherches de Jean-Paul Poletti l'ont conduit à réinventer une étonnante diversité de chants où s'unissent polyphonies corses et rigueur franciscaine, à trois et quatre voix. On croyait ces chants définitivement perdus, ils revivent aujourd'hui.